Interdiction des PFAS dans les mousses anti-incendie : ce qui va changer
L’Union européenne se mobilise pour protéger la santé publique et préserver l’environnement en s’attaquant à un problème de taille : la présence des PFAS dans les mousses anti-incendie. Cette nouvelle réglementation européenne bouleverse les pratiques du secteur, impose des transitions spécifiques et soulève de nombreux enjeux autour de produits longtemps jugés indispensables. Que faut-il comprendre sur cette interdiction, ses délais et ses effets potentiels ? ACE Incendie vous propose d’en savoir plus à propos des PFAS dans les mousses anti-incendie.
Pourquoi les PFAS sont-ils visés par une nouvelle interdiction ?

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), connues pour leur résistance et leurs propriétés antiadhésives, ont trouvé de nombreuses applications industrielles depuis des décennies. Dans le domaine des interventions incendie, elles ont été largement utilisées grâce à leur efficacité exceptionnelle pour éteindre certains types d’incendies. Pourtant, leur impact environnemental pose aujourd’hui question : ces composés persistent très longtemps dans la nature, s’accumulant au fil du temps dans les sols, l’eau ou encore les organismes vivants.
Des études récentes ont mis en évidence des risques croissants pour la santé humaine et animale liés à cette accumulation. Certains PFAS peuvent interférer avec le système hormonal, accroître le danger de certaines maladies et contribuer à la pollution globale. Face à ces constats, régulateurs et scientifiques estiment urgent de limiter drastiquement leurs usages non essentiels, notamment dans les dispositifs de lutte contre les incendies.
Quels sont les principaux changements apportés par la réglementation ?
L’Europe introduit une série d’interdictions progressives touchant aussi bien la fabrication que l’utilisation des mousses anti-incendie contenant des PFAS. En pratique, plusieurs calendriers de transition sont établis selon le type de matériel ou l’usage considéré. Ces mesures signifient que chaque acteur du secteur doit anticiper d’importantes évolutions dans son équipement et ses rythmes de renouvellement, tout en veillant à respecter des exigences strictes.
Comment la mise sur le marché va-t-elle évoluer ?
Selon la version actuelle du projet réglementaire, la mise sur le marché de nouveaux extincteurs portatifs contenant des PFAS ne serait plus autorisée au-delà de douze mois après l’entrée en vigueur de la réglementation, soit potentiellement dès fin 2025.
Cependant, une période transitoire de 5 ans s’ouvre avec les obligations suivantes :
À partir du 26 novembre 2026, il sera interdit de mettre sur le marché (de vendre) des extincteur contenant des PFAS.
À compter de cette même date, il sera également interdit de remplacer un additif par un autre contenant des PFAS
Dans tous les cas, l’ensemble des extincteurs à eau contenant des PFAS devront avoir été remplacés au plus tard le 31 décembre 2030.
A partir du 23 octobre 2026,Cette approche graduelle vise à réduire au plus vite les émissions de PFAS, tout en permettant aux industriels de s’orienter vers des alternatives techniques fiables. Parallèlement, un étiquetage obligatoire serait imposé pour toute mousse présentant une concentration en PFAS ≥ 1 mg/L, facilitant la traçabilité.
Qu’en est-il pour l’utilisation des stocks existants ?
L’usage des stocks actuels de mousses contenant des PFAS resterait toléré pendant dix-huit mois suivant l’entrée en vigueur du règlement, notamment lors des formations, tests ou interventions. Les extincteurs déjà en service pourraient continuer à être utilisés jusqu’à fin 2030.
Pendant cette période, les utilisateurs devront mettre en œuvre des mesures techniques renforcées pour limiter les rejets accidentels : traitement des déchets, maintenance adaptée, gestion encadrée des exercices et simulations.
Quelles mesures doivent maintenant être appliquées ?
La réglementation exige des professionnels qu’ils mettent en place différentes actions concrètes, notamment :
- Mise à jour systématique de l’inventaire des stocks de mousses contenant des PFAS
- Renforcement des systèmes de confinement et de collecte des résidus
- Formation du personnel aux nouveaux protocoles écologiques
- Installation de dispositifs de captation et de filtration
- Respect strict de l’étiquetage et transmission documentaire en vue des contrôles
Quels sont les enjeux globaux de cette évolution ?
La suppression des PFAS dans les systèmes incendie vise autant la préservation des ressources naturelles que la transformation durable du secteur. Selon les estimations, plus de 470 tonnes de ces substances seraient déversées chaque année en Europe lors d’interventions, tests ou opérations de fabrication.
L’objectif est également d’éviter toute stratégie de substitution de PFAS par des molécules similaires. C’est pourquoi l’ensemble de la famille chimique est concerné, afin de favoriser l’émergence de solutions alternatives innovantes, moins persistantes, plus sûres et adaptées aux exigences sécurité incendie.